5 minutes pour comprendre… Les différences de couleurs

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Normalement, vous avez déjà tous observé la lumière fragmentée avec un prisme… Si vous n’avez jamais vu un arc-en-ciel, il va falloir penser à consulter ?
Cette multitude de couleurs (rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet) donne, en général, un aspect blanc à la lumière. Le processus est simple, lorsqu’elle frappe une surface, celle-ci absorbe une partie des ondes et en réfléchit d’autres. Elles atteignent des récepteurs dans notre œil : les cônes, et notre cerveau traite l’information. Ainsi, on détermine la coloration de l’objet.

Perception des couleurs

Mais, d’un individu à un autre, la perception des couleurs n’est pas la même. Prenons par exemple cette histoire de robe : certains la voient or et blanche, alors que d’autres, noire et bleue. Moi, je la vois or et blanche.

Nous partons déjà avec une divergence notable.

Certains verront plus de nuances, d’autres des teintes contrastées, et une partie de la population voit carrément en noir et blanc !
En principe un graphiste devrait percevoir les « bonnes » couleurs… mais là encore, j’éviterai d’être catégorique. Enfin, soyons honnêtes, c’est difficile pour un daltonien d’avoir un avis objectif sur la question, non ?

Et bien nous, les professionnels de l’image, pour corser le tout, on doit jongler avec 2 systèmes colorimétriques différents :  les synthèses soustractives et additives.

La synthèse soustractive des couleurs

C’est la méthode qu’on utilise en imprimerie ou en photo argentique.

CMJN

Pour faire simple, on va combiner plusieurs coloris pour en composer une nouvelle : les couleurs primaires, qui sont le Cyan, le Magenta et le jaune. Ça fonctionne simplement : si on retire le magenta, vous obtiendrez du vert. En enlevant le cyan, vous aurez du rouge, etc. Et donc, en les mariant avec des pourcentages précis, vous pourrez, en principe, recréer l’ensemble des couleurs existantes. On obtiendra du noir en mélangeant les 3. Malgré tout, les imprimeurs rajoutent une encre noire, pour 2 raisons : la combinaison de toutes les primaires ne permet pas un noir profond, mais aussi pour éviter de saturer les supports. En Print ça s’appelle la quadrichromie.

C’est le même principe que votre imprimante de bureau. Toutefois, la qualité des encres peut là-aussi influer sur le résultat final.

La synthèse additive des couleurs

C’est la méthode utilisée par nos écrans, les rétroprojecteurs et les appareils photo numériques…

À l’inverse de la synthèse soustractive, on obtient les couleurs en superposant 3 faisceaux lumineux : le Rouge, le Vert et le Bleu (RVB). L’association des 3 donne le blanc. Pour faire du jaune, il faut ajouter le rouge et le vert, on crée le cyan avec le vert et le bleu, etc.

Un écran d’ordinateur est rempli de millions de pixels, composés eux-mêmes de trois sous-pixels, rouge, vert et bleu, ce qui, avec le bon dosage, produit une couleur spécifique.

 

Je n’ai pas la même couleur docteur, c’est grave ?

De manière générale, les couleurs d’une photo ne vont pas varier tant que ça. Tout dépend de l’heure à laquelle vous avez pris votre photo, mais aussi de la qualité des capteurs de votre appareil. Mais, sur un écran, les couleurs changent tout simplement en fonction des réglages. Jouez avec la luminosité, la température, les contrastes et votre image va se modifier sous vos yeux ébahis. Essayez, c’est flagrant.

Bref, un graphiste va travailler avec un écran calibré. Les teintes qu’il choisit se rapprochent de la réalité. Mais votre écran à vous, lui, ne l’est pas… Il tire vers le jaune, ou le vert ou le rouge. Donc forcément la couleur vert pomme que vous avez choisie à la base, ben… ce n’est déjà pas la bonne…

Spectre de couleurs avec les zones RVB et CMJN

Maintenant, si vous persistez à créer un flyer vert pomme, sur un écran non calibré, avec un mode colorimétrique RVB… Le problème se corse.

Le CMJN et le RVB ne partagent pas du tout le même spectre de couleurs. Bon, ils ont quand même une bonne surface  en commun… et là c’est cool, ça rentre ! Mais il va bien falloir compenser tout ce qui ne rentre pas dans la zone CMJN. Tout simplement en trouvant une teinte proche dans son spectre. Et voilà comment un beau vert pomme en RVB se transforme en vert kiwi bien sale.

La différence de couleurs entre le RVB et le CMJN

Mais ce n’est pas tout… sinon ce serait trop facile.

Pour compliquer les choses, en fonction du support sur lequel vous allez imprimer votre flyer, la couleur va changer. C’est amusant non ?

Entre le papier d’imprimante de bureau non traité, un papier couché brillant, papier Vélin ou un Bristol, vous pouvez chercher les solutions que vous voulez, la couleur se modifie en fonction de la surface. Attention, le rouge ne deviendra pas vert, mais une couleur claire peut s’assombrir ou se ternir !
D’autres facteurs entrent en jeu : si c’est un papier classique ou recyclé, les types d’encres utilisées, le respect des pourcentages de recouvrement, etc.
Bref de multiples variables qui altèrent irrémédiablement votre vert pomme.

Un graphiste honnête ne vous assurera jamais une couleur sur un écran.
Alors comment être sûr de sa couleur ?
Avec un Pantone, c’est possible. Mais ça, c’est une autre histoire…

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